La
poterie a été fondée en 1932 par les frères Jules
et André Ernenwein. Ils décidèrent de s’installer à
Marmoutier, car le sol local leur permettait d’extraire l’argile pour la fabrication.
La production était constituée de nains de jardin mais aussi de
vases, cruches etc. décorés à l’or et au platine et de
reproductions d’assiettes et pots de pharmacie Vieux Strasbourg (d’après
les originaux de la manufacture des Hanong 1740-1760).
En 1939, la guerre éclate. Après la défaite de 1940,
l’Alsace devient allemande. Les temps sont durs pour Marmoutier et la poterie
en particulier. A partir de 1942 de nombreux alsaciens vont être enrôlés
de force dans l’armée allemande. On les appelle les « malgré-nous
». Ils sont envoyés sur le front russe, car on leur fait peu
confiance. André quitte ainsi l’Alsace qu’il ne reverra plus.
Jules
assurera la production avec 4 à 5 employés. Dans les années
soixante, Claude le fils de Jules fait ses premières pièces à
la poterie. Il apprend avec son père et reprend l’atelier quelques années
plus tard. Un nouvel élan souffle alors et la production va se diversifier.
Claude décide de faire revivre les « springerlés et lance
la production de ces moules à gâteaux que l’on trouvait principalement
en Alsace depuis le XV° siècle mais aussi en Suisse et en Allemagne.
(Vallée du Rhin supérieure). Passionné par le Moyen-âge
il s’inspire de l’abbatiale de Marmoutier et de l’Hortus Déliciarum ,
manuscrit du XII° siècle composé au Mont-Ste Odile.
Jules nous quitte en mai 1997. Sa dernière œuvre, réalisée
avec son frère aîné, est sur le Koppberg. La Kopp comme
disent les maurimonastériens (Habitants de Marmoutier). Ils ont fait
les 15 miniatures contenues dans les niches des croix en grès rose
et qui constituent un chemin du Rosaire édifié il y a plus de
200 ans.
La
poterie continue cependant et depuis juin 2005, Claude partage son atelier avec
Audrey, une potière venant de Mulhouse. Ils utilisent la même terre,
les mêmes émaux et les mêmes fours et pourtant chacun s’exprime
différemment comme vous pourrez le constater dans l’exposition vente
jouxtant l’atelier de fabrication.
Les inconditionnels des poteries populaires traditionnelles d’Alsace, trouveront
aussi au magasin un éventail de moules à kougelhopff et les terrines
à baekeoffe d’un confrère de Soufflenheim.
Quelques mots d'histoire…